Le 50e Anniversaire de la fondation du MRI

Compte rendu des conférences de San Francisco, août 2009
Par Anne Hoffner et Dominique Delaunay

C’est à San Francisco, par de belles journées d’été sans le brouillard annoncé par les guides, que s’est déroulé le Congrès de ce 50e Anniversaire du Mental Research Institute, du 13 au 15 août 2009.

La grande salle du Parc Hotel 55, merveilleusement situé sur le grand boulevard Market Street, au coeur de San Francisco, non loin des départs de cable cars, a ainsi accueilli environ 250 congressistes au départ, dont certains ne sont hélas réapparus qu’en fin de congrès, sans doute happés par les attraits du tourisme…

Parmi les nationalités présentes citons: en dehors des Américains et Britanniques, des Hispaniques (nombreux et dynamiques), quelques Japonais et Russes, des Israéliens, et surtout des Argentins, des Mexicains, des Colombiens, des Vénézuéliens…
Quant aux francophones : des Canadiens bien sûr, des Belges, et… quatre petits Français.

Si certains conférenciers étaient membres du MRI, beaucoup étaient des invités de diverses origines.

Parmi les têtes pensantes et intervenantes, citons pêle-mêle :

Carlos Sluzki : ancien président du MRI, il a ouvert et fermé le congrès avec talent.

Karin Schlanger : elle a rendu un hommage vibrant et émouvant à Richard Fisch et John Weakland.

Nora Bateson (petite fille de Gregory) a témoigné de ses souvenirs familiaux.

Wendel Ray est l’historien et l’archiviste incontesté du MRI, il a rendu un bel hommage à Donald D. Jackson, illustré de photos-trésors.

Cloé Madanes raconte des histoires et thérapies de couples.

Eileen Bobrow (co-directrice du MRI, avec Karin Schlanger) travaille sur une forme de syncrétisme de différentes thérapies, nommé «l’approche intégrative»: elle se présente comme fille spirituelle de Jay Haley.

Bradford Keeney est un «creative therapist», imaginatif et drôle, orienté sur l’utilisation des media.

Katharina Anger a parlé de son expérience à New York en milieu socio-éducatif défavorisé et Barbara Anger-Diaz, sa mère, a fait une remarquable conférence, très originale, sur les parallèles entre l’approche systémique et divers mouvements architecturaux et artistiques de type Bauhaus et Le Corbusier qui cherchent à retrouver une simplicité extrême dans la complexité.

Philip Zimbardo a enthousiasmé son auditoire avec la Psychology of Evil et le Lucifer effect, n’hésitant pas à témoigner de ses propres expériences de jeune professeur de Stanford, flirtant avec le danger de l’inhumanité qui guette chacun de nous, ce qui lui a valu une standing ovation.

Henri Waterwal a parlé d’expériences mises en place avec la Justice en Belgique utilisant l’approche systémique (en avance sur nous nos amis Belges!) au cours d’une table ronde associant des expériences allemande, japonaise, russe, norvégienne… ces déclinaisons, parfois très inattendues, nous ont étonnés, parfois touchés.

Michèle Weiner-Davis, une célébrissime spécialiste – conférencière (aux US) de la thérapie des couples a parlé du «tango des couples».

Teresa Garcia est intervenue à propos du modèle appliqué, non plus aux individus, mais aux organisations, fondé sur un cas d’intervention dans une grande entreprise.

Jean-Jacques Wittezaele a présenté un projet de recherche d’une alternative au DSM IV, lancé avec Giorgio Nardone, actuellement au stade embryonnaire: l’enjeu et la complexité sont de taille!

Carlos Sluzki a conclu le congrès par une vigoureuse invite à chacun: «Montez sur les épaules des géants et sautez!»

Au global, une grande surprise pour nous, et oserai-je le dire, une déception: la thérapie brève tient aujourd’hui une petite place au MRI. Seuls quelques conférenciers se réfèrent explicitement et clairement à la thérapie brève. Les autres approches, souvent qualifiées de «stratégiques», s’appuient sur les thérapies familiales, l’hypnose, la PNL, et d’autres «stratégies» souvent personnelles aux orateurs.

L’intérêt fut inégal, et il nous a finalement semblé que le vrai travail de recherche et de novation se trouvait essentiellement…. à Paris et que nous avons énormément de chance d’y voir la réflexion, associée à l’expérience, en œuvre et en marche.

Anne Hoffner, Wendel Ray © DDelaunay

© A. Hoffner et D. Delaunay/Paradoxes

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