Dixième anniversaire de l’association Paradoxes

Allocution d’ouverture à la dixième journée de Rencontre de Paradoxes, 15 octobre 2011
Irène Bouaziz, Georges Elkan, Chantal Gaudin

Il était une fois un petit groupe de médecins, trois psychiatres et une neurologue, enthousiasmés par les changements apportés à leur pratique par leur formation à la Thérapie Brève de Palo Alto.

G.Elkan, C.Gaudin, I.Bouaziz © Paradoxes

G.Elkan, C.Gaudin, I.Bouaziz © Paradoxes

Formés à l’Institut Gregory Bateson de Liège (IGB), représentant officiel du Mental Resarch Institute de Palo Alto (MRI) pour l’Europe francophone, notre bande des quatre avait bénéficié, au début des années 90 des cours dispensés par les trois fondateurs de l’IGB – Teresa Garcia, Claude Seron et Jean-Jacques Wittezaele – ainsi que par deux des « inventeurs » de la méthode : Paul Watzlawick et Richard Fisch, assistés d’une plus jeune venue, Karin Schlanger.

A la fin de cette formation, notre petit groupe s’est trouvé fort dépourvu dans l’univers désolé et désolant de la psychiatrie et a souhaité créer des occasions de rassembler d’autres professionnels enthousiastes pour faire connaître la Thérapie Brève et poursuivre la recherche.

C’est ainsi qu’est née, en septembre 2001, l’association Paradoxes.

Notre association s’est rapidement dotée d’un outil de communication moderne sous la forme d’un site Internet conçu par notre webmaster de la première heure, Martine LAROCHE. Et dès sa naissance Paradoxes a prévu d’organiser trois rencontres par an: une journée de conférences au cours de laquelle des professionnels pourraient témoigner de leurs réflexions et de leurs pratiques et deux journées d’atelier pour s’exercer et débattre en petits groupes.
La première Journée de Rencontre de l’association a eu lieu en octobre 2002 et le premier atelier en janvier 2003 et cela continue depuis.

Le site Internet, outil incontournable de communication,  propose les textes des interventions présentées lors des 9 précédentes journées de Rencontre, des textes de communications faites dans d’autres colloques par des membres de l’association, des comptes rendus de congrès et un annuaire des praticiens.
Plus  de 70 articles offrent un riche aperçu de la déclinaison du modèle de Palo Alto aujourd’hui dans des champs aussi variés que divers contextes thérapeutiques, bien sûr, mais aussi d’autres contextes professionnels, notamment dans les entreprises et les organisations, la formation, le travail social, l’urbanisme, sans oublier les réflexions de fond sur la philosophie, la méthodologie et la posture.

Ce que promeut l’association Paradoxes :

Nous sommes fiers de défendre, contre vents et marées, une conception systémique du monde et des problèmes des humains, conception dont l’incontournable nécessité se confirme au fil des crises économiques, écologiques et morales qui secouent notre millénaire débutant.
Il n’y a pas lieu, lorsque nous avons conscience de la complexité des systèmes humains, de s’inquiéter du développement de telle ou telle autre méthode et des applications qui en découlent dans le champ de la thérapie et de la communication d’une façon plus générale. Des neurosciences aux approches solutionnistes, en passant par les innombrables patchworks intégratifs, il y a de multiples façons d’aborder une problématique humaine et, d’un point de vue constructiviste, aucune n’est plus vraie ni plus juste qu’une autre.
Plus précisément, la grande variété d’approches qui se sont inspirées, explicitement ou pas, des recherches de Gregory Bateson dans les années 50, montrent que la conception systémique de la résolution des problèmes humains est riche et vivante.

Se réjouir de cette diversité, reconnaître qu’aucune approche ne détient la vérité et n’est meilleure qu’une autre, n’empêche pas de faire le choix d’une méthode de travail et de chercher à l’approfondir et la promouvoir.

C’est ce que nous faisons avec l’association Paradoxes : nous avons choisi d’emprunter la voie ouverte par la vision écologique de Gregory Bateson, de suivre les traces des chercheurs qui ont mis ses idées en application au Centre de Thérapie Brève de Palo Alto : John Weakland, Paul Watzlawick et Richard Fisch. Depuis la première publication sur leur méthode en 1974 (Thérapie courte : résolution d’un problème circonscrit – Family Process, 1974, 13 – Sur l’interaction, Seuil, 1981), 37 années se sont écoulées.
Et depuis 10 ans, l’association Paradoxes rassemble des praticiens issus de divers champs dans lesquels ils traitent des problèmes humains avec ce que l’on appelle aujourd’hui en raccourci le modèle de Palo Alto.

Nous avons pu constater à quel pont la déclinaison de cette méthode dans des contextes différents, par des praticiens différents, l’enrichit et ouvre des horizons infinis de recherche.
Comme pour toute approche se réclamant d’une conception systémique, la notion de contexte est fondamentale. Le modèle développé dans les années 70 se modifie donc forcément pour s’adapter aux différents contextes.
Aujourd’hui, le monde médico-social, comme l’univers de l’entreprise, sont confrontés à des problématiques et des contraintes nouvelles auxquelles les interventions doivent s’adapter.
Le modèle de Palo Alto que nous pratiquons aujourd’hui reste fidèle aux principes fondamentaux impliqués par ses prémisses : une conception interactionnelle qui s’intéresse aux messages échangés au sein d’un système, une vision non normative, non pathologisante. Il reste aussi fidèle à la stratégie d’intervention à contre courant qui fait sa spécificité : le freinage et l’arrêt des tentatives de solution inefficaces.

Pour le dixième anniversaire de notre association, nous nous sommes offert un cadeau : nous avons invité deux chercheuses du Centre de Thérapie Brève de Palo Alto (oui, Palo Alto la ville de Californie, pas seulement le modèle). Deux thérapeutes merveilleuses formées par les inventeurs du modèle et qui exercent avec rigueur, finesse et humanité : Barbara Anger Diaz et Katharina Anger. Elles nous parleront ce matin de leurs mentors et cet après midi de leur travail avec les dyades. Bill Walker, thérapeute américain vivant en Suisse, assurera la traduction dans les deux sens.

Cette journée sera aussi l’occasion d’entendre, comme lors des neuf journées qui l’ont précédée, les déclinaisons de la pratique et de la réflexion dans différents champs d’intervention.

Sylvie Dorchies, psychosociologue, fidèle de la première heure qui était déjà intervenue lors de la première et de la 6ème Journée de l’association, nous parlera d’un sujet brûlant pour lequel la stratégie à contre courant du modèle de Palo Alto propose une approche originale.

Sabine Guitel, urbaniste, nous démontrera, preuves à l’appui, que l’approche de Palo Alto s’applique dans tous les contextes dans lesquels se posent de problèmes humains, en l’occurrence  au niveau d’une ville toute entière.

Irène Bouaziz terminera la matinée par la traditionnelle démonstration.

Après le déjeuner nous donnerons la parole à deux « jeunes » praticiens :
Vania Torres Lacaze, thérapeute et coach, nous racontera comment le paradoxe lui a été révélé et
Emmanuel Müh, consultant et coach, s’interrogera sur le coup de folie qui lui a fait choisir parmi tous les autres, le modèle de Palo Alto.
Un « vieux » praticien, Georges Elkan, pédopsychiatre, co-fondateur de notre belle association, évoquera, avec l’humour dépressif que nous lui connaissons, comment il se raccroche aux branches du modèle pour survivre au sein d’une équipe à l’hôpital psychiatrique.

Mathieu Maurice, notre précieux philosophe et consultant, tentera de nous rendre plus intelligents en nous rappelant les principes logiques de ce que nous faisons avec le paradoxe.

Et pour les survivants de la journée, tout à la fin, Irène Bouaziz, psychiatre de base, fanatique du paradoxe au point d’être aussi formatrice au modèle de Palo Alto à l’Ecole du Paradoxe et co-fondatrice de l’association Paradoxes, fera un rapide et prétentieux tableau de l’évolution de son travail ces dernières années pour arriver à l’Ecole de Parisdoxe… petit label affectueux qui a émergé lors de la préparation de cette journée avec notre formidable équipe logistique.

© Paradoxes

Pour citer cet article : I.Bouaziz, G.Elkan, C. Gaudin, Dixième anniversaire de l’association Paradoxes. 2011. www.paradoxes.asso.fr/2011/10/dixieme-anniversaire-de-lassociation-Paradoxes

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  1. annick dit :

    C’est un plaisir de partager cette « aventure  » avec vous. Ne jamais céder sur l’exigence du modèle et sur sa souplesse tout terrain . Position basse et respect en font , aujourd ‘hui, toujours , un modèle innovant.
    Alors j’espère que nous continuerons à fêter ses anniversaires fructueux et ses beaux moments partagés. C’est sain pour notre pratique .
    Merci la bande des 4 , qui fait 5 avec la webmaster

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