Utiliser « les inconvénients du changement » et autres leçons de nos mentors

Communication à la dixième journée de Rencontre de Paradoxes, 15 octobre 2011
Katharina Anger, PhD and Barbara Anger-Diaz, PhD
Traduction: Pascal Jacquelin
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Version originale en anglais : « Using the « disadvantages of change » and other lessons from our mentors. »

En 1976, lors du 2ème congrès commémorant Don D Jackson, le fondateur du Mental Research Institute (MRI) qui avait travaillé avec lui sur le projet Bateson, John Weakland présentait Bateson, Erickson et Jackson comme les mentors ayant le plus influencé le travail de l’équipe du Centre de thérapie brève (BTC) du MRI. Trente-cinq ans plus tard, à notre tour, nous honorons la mémoire des membres du BTC, nos propres mentors : John Weakland, Richard Fisch (Dick) et Paul Watzlawick.
Dans ce discours donné il y a de nombreuses années, John indiquait qu’en plus « d’un travail acharné, d’une réflexion approfondie et d’une observation détachée », on ne pouvait pas ignorer l’importance du hasard (dans la manière dont se créent les influences, et dans la façon dont se forment les relations), et il racontait comment le hasard lui avait fait connaître Bateson à New York, et comment, de manière fortuite, ce dernier avait quitté la Californie et était revenu à New York en quête de financement pour un projet d’étude sur les paradoxes des abstractions dans la communication ce qui l’avait amené à demander à John de le rejoindre à Palo Alto. Le hasard, comme John le  laissait entendre, fait se rencontrer les gens, et nous avons, nous aussi, une anecdote à ce sujet

Barbara :

Tout a commencé à l’été 1990. Mon époux Manuel avait été invité (par son entreprise) à suivre le Stanford Executive Program. À l’époque, nous vivions au Mexique. Je ne pouvais pas prendre part à aux activités de Manuel à Stanford — nous ne pouvions même pas partager sa chambre — et j’ai donc décidé de ne pas rester à m’ennuyer et de me trouver quelque chose à faire à Palo Alto. J’avais un vague souvenir d’un centre de thérapie familiale là-bas mais ce sont mes collègues de l’université qui m’ont rappelé qu’il s’agissait du MRI, dont je ne savais pratiquement rien. J’avais lu l’article du groupe de Bateson sur la double-contrainte mais, ayant été moi-même formée à la thérapie psychanalytique, je n’avais aucune idée des ramifications thérapeutiques des théories de ce groupe, pas plus que je connaissais John ou Dick. Quant à Paul Watzlawick, je reconnaissais à peine son nom.
J’ai appelé le centre, j’ai parlé à Karin Schlanger, qui était responsable des inscriptions au MRI, je me suis inscrite pour six semaines et j’ai trouvé, par le biais du MRI, une chambre chez deux vieilles dames, chez qui Paul Watzlawick avait vécu durant 20 ans. Je leur ai convenu et elles ont invité Paul et sa femme Vera à un brunch qu’elles organisaient parfois pour leurs amis. Manuel y était également convié, et c’est ainsi qu’est née notre amitié avec Paul et Vera, une amitié qui continuera durant toutes nos années en Californie, et qui fera évoluer ma relation avec Paul au MRI vers quelque chose de plus personnel et confidentiel.
De retour au Mexique, alors que je me demandais comment j’allais pouvoir retourner à Palo Alto pour une formation de neuf mois à la thérapie brève avec John et Dick, Manuel à été promu par son entreprise au poste de responsable pour les Amériques, ce qui exigeait que nous nous installions dans ce qui est maintenant Silicon Valley. Je me suis immédiatement inscrite à la formation. Nous étions quatre à être formés et un jour j’ai invité tout le monde, y compris Dick et John, chez nous. Toute la soirée Manuel a décidé de titiller John, en lui demandant ce qu’il faisait pour assurer la relève de ses travaux et l’avenir du Centre de thérapie brève afin que tout ne disparaisse pas après lui. Dick était assis dans un coin à observer, il a ri toute la soirée. Bref, c’est ainsi que nous nous sommes rapprochés de John, de sa femme Ana et de Dick.
Plus tard, alors que John était malade, je lui ai demandé s’il voulait tout de même venir dîner.  Il a répondu « bien sûr » et m’a demandé s’il pourrait s’allonger sur le canapé de notre salle de séjour d’où il pourrait s’exprimer et faire ses commentaires sur les conversations qui se poursuivraient à table, ou pour adresser à Manuel un « tu n’aurais pas oublié quelque chose ? » qui faisait généralement référence au cognac qu’il avait l’habitude de prendre après le dîner, ou à un cigare.

Katharina :

Au-delà des expériences personnelles, nous aimerions vous relater certains souvenirs concernant le travail qu’ils réalisaient. John disait qu’aucune partie du travail ne pouvait être attribuée à un membre quelconque de l’équipe (les idées étant le fruit de l’interaction constante entre eux), mais nous avons tout de même choisi de mettre en lumière des approches ou des techniques qui nous font penser à chacun d’entre eux.

DICK (raconté par Barbara) :

Que puis-je dire sur Dick en quelques mots ?
Le Centre de thérapie brève était son projet, et il en a été le directeur pendant 40 ans jusqu’à sa retraite vers 2006. Dick a obtenu un soutien financier par l’entremise de Don D. Jackson, et de concert avec les autres, il a déterminé les objectifs du Centre. Un de ces objectifs était de définir ce qui pouvait être accompli en 10 séances en appliquant les concepts de l’approche systémique qui était en gestation depuis le projet Bateson. Mais laissez-moi vous lire ce que Dick m’a écrit il y a quelques années :

« Je dirais que la thérapie brève chez nous a commencé quand nous trois [John, Dick et Paul] nous sommes dit que la thérapie familiale évoluait dans un sens qui ne nous convenait pas ; à l’origine les concepts en étaient clairs et pertinents et ils offraient un moyen très utile de s’écarter de la thérapie traditionnelle (principalement du travail de Freud et de ses disciples).
Nous étions tous d’accord que la thérapie familiale avait assoupli ses concepts et dilué ses idées. Dans nos discussions à ce sujet, nous avons commencé à envisager de faire quelque chose, ce qui nous a conduit à choisir de nous concentrer sur les idées qui rendraient la thérapie plus propre et plus brève. Je suis allé voir Don Jackson, lui ai expliqué ce que nous comptions faire et je lui ai demandé de nous aider en nous trouvant un financement. Au début, Don a hésité. Alors, je lui ai dit que je mènerai le projet à bien même sans son aide.
Il a souri et dit je vous trouve le financement et environ un mois plus tard il avait trouvé quelqu’un pour nous financer durant deux années. Et nous avons commencé. »

À notre avis, ce qui a été essentiel, c’est sa collaboration continue avec John (même après la publication de leur livre Tactiques du Changement en 1982) pour rendre la thérapie aussi efficace (“plus propre” et “plus brève”) que possible, et en faire le type minimaliste de thérapie que nous nous efforçons de pratiquer, mais avec toutefois des phases et des positions très clairement définies.
Au CTB, Dick était un superviseur inlassable et nous, en tant que membres de l’équipe, autres que les trois grands, nous avions l’impression d’être toujours « sur la sellette » quand notre tour venait de rencontrer un client. Bien sûr, pour réussir, il importait de faire court, de gagner du temps et, par conséquent, lorsqu’un client nous racontait toutes sortes de détails n’ayant rien à voir avec le problème, Dick nous apprenait (par son propre exemple) à interrompre le client dès qu’il nous apparaissait que ses digressions n’étaient pas pertinentes en disant : « afin de ne pas perdre de temps, permettez-moi de vous interrompre pour revenir à … ». Et pourtant, Dick, qui analysait tout de près, ne lâchait jamais tant qu’il n’était pas sûr de ce que ce client racontait; en d’autres termes, il prenait le temps pour cela !
Dick était méthodique et nous nous sommes efforcées d’en tirer des leçons. Quand nous nous laissions distraire par un client désagréable, il souriait et disait : « Au paradis des thérapeutes, vous pourriez dire ce que vous voulez », sous-entendant qu’en l’espèce, c’est à dire pas au paradis, il valait mieux avoir une stratégie. Dick ne se laissait pas distraire par le discours intellectuel, et s’en tenait toujours à ce qui se trouvait concrètement devant lui. C’est lui, plus que les deux autres, à notre avis, qui insistait sur l’importance de réduire le problème à quelque chose qui puisse être travaillé. Les thérapeutes se trouvent souvent face à un client installé comme s’il attendait que le thérapeute fasse des miracles, sans montrer la moindre intention de vouloir faire évoluer sa situation. Dick nous donnait la liberté de choisir la personne du système avec laquelle nous souhaitions travailler et nous incitait toujours à ne pas travailler plus que le client. Nous nous sommes ainsi rendus compte qu’aller « plus lentement » que le client constituait une tactique motivationnelle importante.
Et il y avait également le Dick qui nous apprenait à enseigner, s’efforçant en permanence de rendre les choses plus claires, plus utiles, notamment quand il expliquait qu’il y avait fondamentalement trois types d’intervention thérapeutiques : l’intervention procédurale, l’intervention d’opportunité, et l’intervention planifiée. Tout ce que nous faisons en tant que thérapeutes pour faire avancer la thérapie brève (les questions que nous posons pour définir le problème, pour aider le client à hiérarchiser, pour réduire le problème et le rendre travaillable, les étapes que nous suivons, les consignes que nous donnons, etc.) non seulement nous permettent de mettre en œuvre le processus thérapeutique mais constituent en elles-mêmes des interventions : en effet, il est évident que rendre le problème gérable est en général utile pour le client. Puis il y a les choses que l’on dit de manière plus spontanée et certainement moins planifiée, comme les commentaires faits lorsque l’opportunité se présente ou un recadrage par exemple lorsqu’un symptôme est connoté positivement pour donner au client un point de vue différent, ou encore les histoires que nous racontons parfois pour illustrer ou faciliter un changement de point de vue, ou enfin les occasions de faire des commentaire à 180° ; autant d’interventions faites à chaud mais pas moins stratégiques pour autant. Enfin, il y a les interventions planifiées, qui font référence à ce qui est dit ou fait lors de la séance suivante, suite aux discussions et réflexions sur le cas qui ont lieu de manière planifiée après la séance précédente, ou les tâches que nous donnons et tout ce que nous faisons dans le cadre de la planification de la séance. Il nous est apparu qu’envisager les interventions sous cet angle est très utile et nous aide souvent à être d’autant plus stratégique quand on s’adresse au client.

JOHN (raconté par Katharina)

Ma découverte fortuite du MRI a eu lieu à l’été 1990. Comme dit précédemment, ma mère était au MRI du fait d’un concours de circonstances cet été là et c’est à ce moment là qu’on lui a diagnostiqué un cancer. Je suis allée la retrouver pour son opération qui devait avoir lieu à la date du symposium estival annuel du MRI.  Le premier jour, je suis allée assister à la célèbre conférence d’ouverture de Paul. Je suis certaine que vous êtes nombreux à avoir entendu différentes versions de cette merveilleuse communication !  J’étais psychologue à New York à l’époque et je me formais à la psychothérapie psychodynamique ; je me destinais à la formation psychanalytique.
En écoutant Paul ce matin-là, j’ai vu un grand nombre des principes qui m’avait été enseignés remis en cause : en premier lieu, le positionnement normatif (et la croyance que le thérapeute sait comment les choses devraient être) et l’idée qu’on ne peut pas générer un changement sans comprendre comment un problème est apparu.
En fait, le fait qu’on puisse se concentrer sur un problème plutôt  que sur le transfert en cours était impensable au regard de ma formation.
Au cours des années suivantes, j’ai entrepris l’apprentissage de la thérapie brève. Je dis souvent que le cancer de ma mère m’a apporté la thérapie brève et à de nombreux égards a transformé ma vie. Dès les premières années, j’ai étroitement collaboré avec John Weakland. J’ai passé des heures à analyser la thérapie de John (en direct et en vidéo), ce qui n’était pas si facile vu sa tendance à marmonner, et j’ai eu la possibilité de l’interroger sur ce qu’il faisait. La plupart du temps, il répondait du tac au tac et me renvoyait à des chapitres dans les livres. Parfois, cependant, après un silence, il demandait « je fais vraiment ça ? » et il cherchait une explication à ce qu’il faisait de manière intuitive.
Une de ses techniques est ce que j’appelle maintenant « la remise en question des croyances ». Je l’avais découverte aux moments évidents où John remettait en question les présupposés des clients. En regardant les vidéos où il effectuait ce genre d’intervention, cependant, j’ai remarqué  qu’il le faisait systématiquement chaque fois que quelqu’un exprimait une croyance forte. Je compare cela au fait de mettre un point d’interrogation là où le client met un point d’exclamation.  Quand je lui ai posé la question, John a reconnu qu’il n’avait pas conscience de le faire si systématiquement mais, m’a-t-il expliqué, ce sont précisément les croyances rigides qui génèrent les blocages. En outre, en remettant les croyances en question, on fait apparaître la possibilité qu’il puisse exister une autre façon d’envisager la situation.

John pouvait effectuer cette remise en question de manière directe ou par des remarques plus subtiles telles que « je peux comprendre que vous puissiez trouver utile d’adopter ce point-de-vue » ou simplement par un haussement des sourcils. En travaillant avec cette technique j’ai appris qu’une approche subtile est plus efficace car une remise en question directe peut amener un client à se braquer. Une remarque plus fine suffit souvent à faire comprendre, en douceur, qu’il est possible de voir la situation différemment et, par conséquent, de se comporter différemment dans cette situation.
Le cas s’est présenté avec un homme qui avait pour habitude de nier tout changement. John lui a dit : « il semble y avoir eu un changement mais c’est probablement le fait du hasard. »  John contrait ainsi par avance la tendance du client à être dans le déni, mais en utilisant l’adverbe « probablement », il introduisait la possibilité que ce ne soit justement pas le fruit du hasard.
La remise en question peut prendre plusieurs formes. Elle peut se traduire par une connotation positive donnée à quelque chose qui est perçu comme « mauvais » comme dans le cas de cette femme qui s’était fait rentrer dedans en voiture et qui se plaignait d’avoir depuis l’accident peur de conduire. John a répondu : « Je vous dirais que, quoique nous fassions ici, je ne vous conseille pas d’être totalement décontractée quand vous empruntez le Highway 17.  Il faut préserver une certaine vigilance.  C’est une route dangereuse. »
La remise en question peut être un recadrage une normalisation comme avec un client qui ressentait le besoin obsessionnel de regarder d’autres femmes que la sienne. Dans ce cas, John lui a demandé : « Quelle différence y a-t-il entre regarder de manière obsessionnelle et ce que font les autres hommes ? »
En fait, une grosse partie de ce que nous faisons en thérapie consiste à questionner les croyances des personnes sur le problème et la solution. Le fait que nous essayions d’amener nos clients à faire ce qui est à 180° de ce qu’ils faisaient avant pour régler leur problème remet en question leurs croyances sur ce qui est nécessaire à la résolution de leur problème. En suggérant au client d’« avancer lentement » (une intervention souvent utilisée par John), on remet en question la croyance qu’on n’avance jamais assez vite vers la solution d’un problème.
Tout comme je l’avais observé chez John, j’utilise moi aussi la remise en question dans ma danse avec le client, souvent de manière non planifiée, comme un moyen de dénouer le problème en tirant un peu sur cet aspect-ci ou cet aspect-là, jusqu’à ce que je trouve un fil à suivre pour démêler la situation.

PAUL
Dans notre thérapie, nous utilisons une intervention, généralement associée au travail de Paul, qu’on appelle « les inconvénients du changement ». Cette intervention se fait de manière assez régulière, c’est à dire avec la plupart de nos clients, que ce soit en première séance, en milieu ou en fin de thérapie. Paul posait souvent la question : « Si votre problème disparaissait, alors à quoi devriez-vous faire face ? Et ce qui m’intéresse, c’est votre réponse numéro deux. » La réponse numéro un étant invariablement tout ce qui serait formidable si le problème était résolu.
Les « inconvénients du changement » peuvent prendre diverses formes. Ils peuvent être implicites dans un recadrage, comme dans le cas de Katharina avec cette femme insomniaque, dont le mari venait de prendre sa retraite et qui la suivait partout comme un toutou. Le thérapeute lui a dit : « Je me demande si le fait de rester éveillée tard le soir ne vous donne pas du temps pour souffler. »

L’intervention invite le client à ré envisager son intention de changer, car le message implicite est que tout changement amène d’autres changements qui ne sont pas tous bienvenus et qu’il est possible de perdre certains avantages du problème. Bien sûr, ce type d’intervention peut contenir plusieurs messages et répondre à plusieurs objectifs. Parce que les clients reçoivent souvent des soutiens sollicités ou non pour changer, sous-entendre qu’il y aurait des inconvénients à mettre ce changement en œuvre implique d’aller dans une direction (à 180° et par conséquent contraire à l’intuition) tout à fait opposée à celle des tentatives de solutions intuitives du client.
Ainsi, il s’agit d’une sorte de freinage, d’invitation à ne pas changer, de mise en garde qui vise à contrer l’envie du client d’avancer vite vers une solution. Ralentir devient utile : non seulement parce que cela représente un changement de point de vue mais parce que le client peut ainsi envisager d’autres possibilités. Il y a donc un avantage stratégique à avoir recours à ce genre d’intervention.
Dans le cadre de notre propre pratique, nous en sommes venues à penser qu’il existe également un impératif éthique pour nous autres thérapeutes – en particulier les thérapeutes visant plus particulièrement un changement rapide – qui nous oblige à rester vigilants et à indiquer à nos clients que le changement peut avoir des conséquences inattendues.
En travaillant avec la victime d’un viol qui tente de retrouver sa vie d’avant, nous laisserons très probablement entendre que le problème n’est pas sa prudence exacerbée actuelle mais plutôt l’insouciance des autres personnes qui ne se doutent pas des conséquences possibles de leur comportement. En d’autres termes, retrouver son innocence, si tant est que ce soit possible, constituerait un inconvénient majeur.
Le rapport entre les considérations éthiques et stratégiques est bien illustré par un ancien cas du BTC où le client est arrivé en se plaignant du fait que, même s’il avait par ailleurs une vie excitante et satisfaisante, qu’il avait réussi, il n’avait jamais eu de relation importante et durable avec quelqu’un. Paul n’arrêtait pas de m’appeler en me demandant de dire au client que de nombreuses personnes envieraient le style vie qu’il menait (avec toute la liberté de voyager et de choisir que cette vie impliquait), ce qui, on pourrait dire, remettait ainsi en question l’idée qu’une relation durable était essentielle à son bien-être et à son bonheur.  Cette intervention signifiant implicitement qu’il y a des inconvénients à changer, répétée à plusieurs reprises, semble avoir fonctionné puisque après 6 ou 7 séances, le client est arrivé en disant que  certes il pensait au départ que nous étions fous de lui dire que sa vie était bien comme ça, mais qu’il commençait à comprendre lui-même qu’il était quelqu’un de sensible qui aimait apprécier les petits détails de la vie et qu’il serait peut-être pire d’être dans une relation avec une personne qui n’aimait pas les mêmes choses que de ne pas être dans une relation du tout. Dans ce cas, bien que le client n’ait pas abandonné son souhait de relation, il ne sentait plus de pression ou d’insatisfaction liée au fait qu’il n’était pas dans une relation ; en d’autres termes, le problème n’en était plus un.
Nous sommes redevables à John, Dick et Paul pour ce modèle riche qu’ils nous ont laissé. Et dans notre mise en application et notre exploration de la thérapie conçue par ces brillants mentors, nous continuons de nous poser la même question : qu’y a-t-il dans ce travail que nous n’ayons pas suffisamment formulé, compris, exploré ou  développé pour enrichir notre pratique ?

Barbara Anger-Diaz et Katharina Anger © Paradoxes

Pour citer cet article : Barbara Anger-Diaz et Katharina Anger, Utiliser « les inconvénients au changement » et autres leçons de nos mentors. 2011. .paradoxes.asso.fr/2011/10/utiliser-les-inconvenients-du-changement-et-autres-lecons-de-nos-mentors/

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