Allocution d'ouverture de la Seconde Journée de Paradoxes
octobre 2003
docteur Irène Bouaziz, psychiatre

Bonjour et bienvenue
Nous sommes heureux de vous accueillir pour cette seconde
journée
d'étude de Paradoxes.
Notre association a maintenant deux ans et commence à remplir le rôle
qu'elle s'est fixé: faire connaître l'approche de Palo Alto,
permettre les échanges entre les praticiens, développer la
recherche.
Notre site internet est régulièrement mis à jour et enrichi de comptes rendus des séminaires auxquels nous avons assisté.
Nous sommes fréquemment contactés par des internautes qui
nous questionnent sur la Thérapie Brève et nous demandent des
références de praticiens.
Il est vrai que notre annuaire est encore loin de couvrir toute la surface
du monde francophone.
Nous vous rappelons que vous pouvez y figurer si vous pouvez justifier d’une
formation à la Thérapie Brève et à l’Intervention
Systémiques reconnue par notre association, c’est-à-dire
actuellement les formations du MRI de Palo Alto, de l’Institut Gregory
Bateson de Liège et celle que je dispense moi-même.
Nous avons organisé cette année deux ateliers au cours desquels nous avons eu l'occasion de nous retrouver pour travailler assidûment avec des supervisions, des exercices et des discussions.
Nous avons enfin démarré un travail de recherche visant à formaliser plus précisément les subtilités de ce que nous faisons quand nous travaillons avec le modèle de Palo Alto.
Les journées d'étude, dont nous espérons qu'elles pourront se répéter tous les ans, sont l'occasion de donner la parole aux praticiens et de découvrir ce que nous faisons de la Thérapie Brève et de l'Intervention Systémique.
Après ce bref tout d’horizon des activités de notre association, je voudrais maintenant rappeler pourquoi nous avons choisi de l’appeler Paradoxes.
Ce qui caractérise l'approche de Palo Alto, quel que soit le domaine
dans lequel on l'applique, c'est qu'elle repose sur une stratégie
paradoxale.
On retient souvent facilement la notion de stratégie, et on a trop
tendance à oublier qu’elle est paradoxale, paradoxale en ce
qu’elle consiste à amener le client à cesser de faire
ce qu'il fait habituellement pour résoudre son problème et
qui se révèle inefficace.
De ce fait, on ne le rappellera jamais assez, cette approche paradoxale n'est
tout simplement pas compatible avec toutes les approches qui vont dans le
sens du bon sens, dans le sens des tentatives de solution.
Aussi contrariant que cela puisse être pour des esprits intégrationnistes
ou éclectiques, il faut bien se rendre à l'évidence,
en allant à la fois vers l'avant et vers l'arrière on a de
bonnes chances de ne pas bouger, en appuyant à la fois sur l'accélérateur
et le frein, on finit par caler.
Cette spécificité, l'arrêt des tentatives de solution,
est aussi ce qui fait toute la difficulté de ce modèle.
Aller à contre sens du sens commun, ramer à contre courant,
demande à l'intervenant un effort de tous les instants, il doit parfois
se faire violence pour aller à l'inverse de son premier mouvement.
C'est fatigant, interpellant et parfois périlleux.
Si j'insiste sur ce point, c'est que les échanges que nous avons eus
dans les rencontres de notre association au cours de l'année écoulée
nous ont montré que les praticiens étaient souvent réticents à utiliser
le paradoxe, ce qui ne manque pas de nous laisser assez perplexes quand ils
se réclament de l'approche de Palo Alto.
Je voudrais enfin rappeler que le premier à avoir théorisé l'utilisation
du paradoxe en thérapie à été le psychiatre autrichien
Victor Frankl (1905-1997) qui, dès 1938, faisait de l'intention paradoxale
et de la déréflexion, les deux outils principaux de sa logothérapie.
Ces petits commentaires me permettent d'enchaîner avec la présentation
de cette journée d'étude qui va justement débuter par
une communication du Docteur Manuela Guillot sur les paradoxes thérapeutiques
et qui sera suivie, je l’espère de débats passionnés.
Après une pause café-croissants, vous assisterez à une
démonstration dans laquelle, avec un peu de chance, vous pourrez repérer
des manœuvres paradoxales
Après le déjeuner, nous entendrons une partie de l'équipe
du Centre de Thérapie Brève de Dijon, Michèle Desmolaize
et Denis Bravin, nous parler de leur expérience bourguignonne, puis
Marianne Orvoën partagera avec nous ses réflexions sur le dur
apprentissage du modèle de Palo Alto et les dispositifs qui l'ont
aidée à progresser
Après la pause de l'après-midi, Sylvie Lévy terminera
cette journée en nous présentant les résultats de la
grande enquête qu'elle a effectuée auprès de ceux qui
se sont formés à la Thérapie Brève et à l'Intervention
Systémique et nous saurons enfin tout sur ce que nous faisons de l'approche
de Palo Alto.
© I. Bouaziz/Paradoxes
Deuxième Journée d’Etude,
octobre 2003
- Ceci n’est pas un paradoxe : variations
sur les paradoxes thérapeutiques, docteur Manuela Guillot
- La co-intervention et la supervision pour
maîtriser le modèle de Palo Alto, Marianne Orvoën
- Thérapie brève bourguignonne
: le Centre de Thérapie Brève de Dijon, Michèle
Desmolaize et Denis Bravin
- Synthèse de l’étude
: des joies et des peines dans l’utilisation de la Thérapie
Brève/ Intervention Systémique Brève. Des utilisateurs
s’expriment, Sylvie Levy