Des prémisses à la posture : pour un paradoxe écologique
docteur Irène Bouaziz, psychiatre
Résumé :
Choisir de travailler avec le modèle de résolution de problèmes
humains de l'approche de Palo Alto implique, théoriquement, l'acceptation
du package complet: prémisses constructivistes et systémiques,
stratégie paradoxale, outils.
La cohérence entre les principes théorico stratégiques
et la mise en pratique requiert, pour l’intervenant, l'adoption d'une
posture particulière qui contribue à créer un contexte
favorable à un changement respectueux de l'écologie.
Cette posture recouvre tout ce qui se manifeste des croyances de l'intervenant
sur le client, sur son propre rôle dans l'intervention, sur le monde, à travers
ce qu'il exprime explicitement et implicitement, verbalement comme non verbalement.
Au delà des notions classiques de respect et de position basse, il
s'agit là de l'amorce d'une réflexion sur l'esprit dans lequel
est pratiquée la lettre du modèle de Palo Alto.
Cohérence
entre prémisses et pratique ? Réflexion
sur l’esprit dans lequel est pratiquée la lettre d’un
modèle ?
Qui, dans notre monde de vitesse, de rentabilité, de performance,
se soucie-t-il de telles questions ?
Ainsi, affirmer qu’il est nécessaire d’adopter une posture
spécifique pour appliquer le modèle de résolution de
problèmes de Palo Alto en cohérence avec ses prémisses
systémiques et constructivistes peut apparaître parfaitement
superfétatoire, dogmatique, si ce n’est pas franchement dissuasif.
Le modèle de Palo Alto ne séduit-il pas, justement, par son apparente simplicité ? Quatre questions à poser : 1. qui est le client ? 2. quel est le problème ? 3. quel est l’objectif ? 4. quelles ont été les tentatives de solution ? Et une intervention à faire : arrêter les tentatives de solution avec l’outil ad hoc, recadrage et/ou prescription comportementale.
Mais nous n’en sommes plus à la vision
mécaniste de
la cybernétique de premier ordre dans laquelle l’intervenant,
du haut de sa métaposition, introduisait un changement dans le système
qui se trouvait devant lui. Nous sommes maintenant attentifs au fait que
l’intervenant est aussi en interaction avec le système qui le
sollicite et que l’influence est donc réciproque.
Par ailleurs, nous sommes aussi sensibilisés au fameux effet Rosenthal
qui nous a appris que les performances des élèves d’une école,
des rats ou même des vers de terre de laboratoire, sont influencées
par les croyances, les attentes, les préjugés de l’enseignant,
de l’expérimentateur. Nous ne doutons donc pas une seconde qu’il
en va de même pour les clients de l’intervenant Palo Altien.
Nos prémisses épistémologiques ne peuvent
pas ne pas transparaître dans notre pratique et réciproquement.
L’extraordinaire complexité du monde ne nous permettra jamais
de prendre en compte tous les facteurs influant sur l’évolution
d’un système humain, mais il est de notre responsabilité de
professionnels d’être au moins attentifs à notre rôle
dans une interaction.
D’où l’impérieuse nécessité d’être
aussi vigilant que possible sur ce que nous faisons passer dans les interactions
avec nos clients. Sur ce que nous faisons passer explicitement, en étant
rigoureux dans l’application de notre stratégie et sur ce que
nous faisons passer implicitement, en nous positionnant clairement par rapport à nos
prémisses.
Si nous savons prêter attention à la vision du monde de nos clients, nous ne pouvons pas nous dispenser de regarder la poutre qui se trouve dans notre œil.
En 1951, Gregory Bateson, à qui l’approche de Palo Alto doit justement ses fondements théoriques, regrettait déjà que la majorité des psychiatres ne se soucient pas des questions épistémologiques : « Ils mélangent implicitement et de façon complexe, des prémisses épistémologiques provenant de tous les courants de la pensée occidentale des deux derniers millénaires. » (Communication et société - La pensée psychiatrique. Approche épistémologique. p. 260, Seuil)
Cela ne concerne, bien évidemment, pas que les psychiatres, et les choses se sont aggravées depuis. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire ce qui s’écrit sur la systémique aujourd’hui.
L’apprentissage d’une nouvelle technique, d’un nouveau modèle, fait tout d’abord porter l’attention sur le geste, au détriment de l’esprit dans lequel il est effectué.
Pour
ce qui est de la Thérapie Brève, des premiers écrits
des chercheurs du Centre de Thérapie Brève de Palo Alto parus
en 1974, jusqu’aux développements les plus récents de
l’italien Giorgio Nardone avec ses protocoles, c’est le geste,
la technique, qui sont privilégiés.
Ce qui est dit sur la position de l’intervenant se limite à l’affirmation
d’une attitude respectueuse du client (mais qui oserait revendiquer
le contraire ?) et d’une position basse dans la relation.
C’est le plus souvent dans des courants de pensée proches, mais qui ne se reconnaissent pas dans la dimension stratégique, comme les approches collaborative ou narrative et dans le constructionisme social, qu’est évoquée la question des prémisses de l’intervenant.
On
peut se demander à quel point, passer de l’attention
sur le geste à l’attention sur la disposition d’esprit,
ne relève pas d’un changement de niveau d’apprentissage
comme le décrit Gregory Bateson.
La lecture éclairante du texte, si souvent cité aujourd’hui,
du philosophe allemand Eugen Herrigel sur sa formation à l’art
chevaleresque du tir à l’arc au Japon montre comment l’élève
apprend que « l’action n’est au fond que le reflet
d’une attitude mentale. »
Si mes interrogations sur mon rôle de médecin sont aussi anciennes que mes premiers contacts avec des patients, il y a 30 ans de cela, je dois reconnaître que mon apprentissage du modèle de Palo Alto ne m’a fait aborder le sujet des prémisses de l’intervenant que sous sa forme la plus confortablement superficielle : le respect et la position basse.
Ce sont sans doute d’abord les écrits
de François Roustang
sur ce qu’il a appelé la « disposition du thérapeute » qui
m’ont sensibilisée à une réflexion plus approfondie.
Parallèlement, cette réflexion a été alimentée
par ce que m’apprenaient les patients, d’une part, et les stagiaires,
d’autre part, dans mon activité de formation et de supervision.
Je me dois aussi de citer les thérapeutes dont la posture, lorsque
j’ai eu la chance de les voir en action, m’a plus particulièrement
touchée : Ernest Rossi, Betty Alice Erickson, Harlene Anderson
et Gianfranco Cecchin.
Ainsi, la question des prémisses a-t-elle pris de plus en plus d’importance dans notre souci de transmettre le modèle de Palo Alto, et, plus précisément, la question de la façon dont ces prémisses se manifestent dans l’interaction à travers ce que nous appelons aujourd’hui la posture.
Je dis « nous » parce que les idées que je présente aujourd’hui sont le fruit des recherches menées avec ma collègue Chantal Gaudin, dans le cadre des formations que nous animons.
La question d’adopter ou non le « package » complet proposé dans l’approche de Palo Alto: ses prémisses systémiques et constructivistes avec toutes leurs implications, sa stratégie paradoxale et ses techniques, se pose tout au long du difficile parcours de la formation. Et bien au delà, dans la pratique quotidienne, persiste la nécessité de vérifier sans cesse la cohérence de notre position, la congruence entre nos convictions et nos actions.
J’aurais envie de dire, bien que la paraphrase ne soit pas à la hauteur de l’original : l’action sans la disposition n’est que ruine de la relation.
L’attention portée à la posture adoptée par l’intervenant, quelque soit son champ d’intervention, est d’autant plus importante que l’on peut facilement se laisser séduire par les gestes techniques, comme on se laisse abuser par les gestes habiles du magicien.
1, 2, 3, 4, abracadabra : j’arrête les tentatives de solution!
Sauf que, si chez le magicien, c’est
justement le trucage qui garantit l’effet, dans le cadre de la relation
d’aide, le trucage altère
l’effet quand il ne le renverse pas.
Point n’est besoin de rappeler combien un mauvais usage du paradoxe
peut être délétère.
Le choix du terme posture mérite quelques précisions
Ce n’est qu’après
de multiples incursions dans les meilleurs dictionnaires, après avoir
testé quelques temps « disposition », « position », « attitude »,
que nous nous sommes arrêtées, pour l’instant, sur « posture » pour
sa double signification à la fois mentale et physique.
La posture, telle que nous l’entendons, concerne autant une position
du corps, dans ce qu'il exprime par ses paroles, ses mouvements, ses émotions,
qu'une disposition de l’esprit.
Pour passer à un registre métaphorique visuel, la notion de
posture nous semble recouvrir les trois dimensions du regard : celui
que l’on porte sur le client, celui que l’on porte sur l’interaction
entre le client et nous et celui que l’on porte sur le monde.
En d’autres termes encore, notre posture traduit ce que nous pensons
de notre client, ce que nous pensons de notre rôle dans la relation
et ce que nous pensons du monde en général.
Avant
de poursuivre plus avant, je tiens à préciser d’emblée
les deux principales limites de ce qui va être développé :
- le discours sur la posture, du fait de la linéarité du langage
parlé, ne rend pas compte, à moins d’interminables circonvolutions,
de la nature circulaire du phénomène : la posture est à la
fois génératrice et résultante de ce qui se passe dans
l’interaction.
- les multiples intrications des dimensions prises en compte dans notre conception
de la posture: intentions, pensées, émotions, paroles, gestes,
nous exposent probablement à des confusions de niveaux logiques que
nous ne manquerons pas de dénoncer dans l’avenir, au fur et à mesure
que nous les identifierons.
Quelle est donc cette posture ?
Le langage métaphorique a l’avantage, par sa dimension figurative, de nous rapprocher de la nature systémique de ce que nous voulons décrire. L’image mentale que nous nous faisons de l’interaction présentée rend immédiatement compte de cette notion si abstraite de relation.
Mais nous ne sommes jamais parvenues à trouver,
malgré des
années de recherches, une métaphore satisfaisante pour décrire
la façon dont nous concevons la posture de l’intervenant en
relation avec le client.
Peut-être, finalement, est-ce mieux ainsi.
Nous évitons de la sorte le risque de figer une image à laquelle
nous pourrions finir par croire comme à une vérité.
Et puis, cela nous donne l’occasion de présenter des métaphores de ce que cette posture n’est pas, ce qui permet tout de même d’approcher l’idée de ce qu’elle est.
Cette
posture n’est pas, bien évidemment, celle du chirurgien
penché avec son scalpel sur le corps endormi de son patient.
Ni celle du mécanicien sortant les outils de sa trousse pour réparer
un moteur dysfonctionnel.
Elle n’est pas non plus celle du semeur saupoudrant d’un geste
auguste l’esprit inconscient de suggestions indirectes.
Encore moins celle du guerrier, fut-il moine de Shaolin, combattant le symptôme à coup
de stratagèmes.
Depuis quelques années, lorsque je suis
en difficulté pour
clarifier mes idées, je me tourne vers Gregory Bateson dont la pensée
multidimensionnelle ouvre des champs de réflexion infinis.
Cette phrase, tirée d’un texte de 1968, est venue faire un lien
intéressant entre des notions éparses : paradoxe, non-agir,
non-savoir, respect, changement coévolutif…
« Il semble (…) que tous les grands maîtres et les
grands thérapeutes, évitent toute tentative d'influence directe
sur les actes des autres et cherchent plutôt à fournir les cadres
et les contextes dans lesquels un changement (habituellement défini
de manière imprécise) peut survenir. » (Une unité sacrée,
La structure morale et esthétique de l’adaptation humaine " p.
341, Seuil)
« Fournir un contexte », voilà qui est modeste, donc particulièrement difficile.
Si, pour Bateson, cette aptitude relève plus de l’art que de la technique, il nous a semblé que nous pouvions tenter d’identifier ce qu’il appelle « l’écologie interne des idées » qui permet à certaines personnes d’être, comme il dit : « douées dans l’art d’agir sur des systèmes complexes ».
C’est donc à partir de l’observation de ce qui se passe dans les interactions avec nos clients, et plus précisément, puisqu’il est question de contexte psychologique, de l’observation de l’ensemble des messages qui sont échangés dans une séance, que nous avons commencé à réfléchir à la façon dont nous nous y prenons pour fournir un contexte dans lequel un changement peut survenir.
Sensibles aux notions d’écologie et d’esthétique du changement, nous avons pris comme point de référence ces moments où tous les protagonistes se sentent particulièrement à l’aise, où le mouvement qui émerge des interactions apparaît élégant.
Comment crée-t-on un contexte dans lequel un changement peut survenir ?
Ou, plus précisément, comment contribue-t-on, puisque le contexte est l’ensemble des messages échangés dans l’interaction, à créer ce contexte ?
Plus nous avançons dans la pratique de l’approche interactionnelle et paradoxale, plus il nous apparaît que c’est la posture que nous adoptons qui, associée à la stratégie d’arrêt des tentatives de solution, contribue à créer ce contexte.
Comme toujours, il est bien difficile de rendre compte de la circularité du phénomène avec le langage verbal: les théories auxquelles nous adhérons nous font adopter une posture qui s’exprime à travers les messages que nous adressons à nos clients créant ainsi un certain contexte et, en fin de boucle, ce qui se passe au sein de ce contexte vient influer sur nos théories.
Une certaine posture donc…
Nous appelons posture ce que nous exprimons de notre vision du monde, de nos croyances, de nos convictions à travers la dimension implicite de notre langage ainsi qu’à travers notre langage non verbal, c’est à dire la position de notre corps, nos mouvements, nos mimiques, nos émotions, etc.
Dans le cadre d’une interaction avec un client, notre posture lui adresse donc des messages implicites qui, ajoutés aux messages explicites de nos interventions stratégiques, contribuent à créer un contexte favorable au changement.
Les multiples dimensions de cette
communication implicite rendent toute tentative de classification délicate.
Comme la formalisation de notre réflexion n’en n’est qu’à ses
balbutiements je me limiterai à décrire la posture à partir
de trois perspectives développées de façon inégale
: la notion de changement, notre rôle dans la relation et notre regard
sur le client.
Changer de changement
Dans
notre monde d’impermanence, il n’est guère étonnant
que les changements dans la compréhension de la notion de changement
viennent rapidement remettre en questions d’autres croyances bien assurées.
En fait, ce sont les clients qui nous ont montré que la conception
classique du changement en termes d’atteinte d’un objectif était
par trop restrictive.
Ainsi, au fil des années, nous avons constaté qu’ils
trouvaient parfois des solutions bien plus satisfaisantes pour eux, plus écologiques
et plus belles, si nous ne nous fixions pas obstinément sur l’objectif
que nous leur avions demandé de définir.
Dans le cadre bien précis de nos interventions, et nous insistons sur ce point, c’est-à-dire dans le cadre d’une demande d’aide en vue d’un changement, nous disons qu’il y a changement quand le client considère qu’il n’a plus besoin de notre aide.
Il peut ne plus avoir besoin de notre
aide parce que son objectif est atteint, soit.
Mais notre aide peut aussi devenir inutile parce que son problème
s’est dissout au fur et à mesure des redéfinitions qui
en ont été faites dans les séances, ou parce que son
problème s’est modifié au point qu’il pourra le
résoudre sans notre aide, ou, encore, parce qu’il a décidé de
vivre avec son problème, à moins qu’il n’ait redéfini
son objectif et qu’il n’ait pas besoin de notre aide pour l’atteindre,
ou autre chose encore.
Nous avons déjà eu la surprise, le plaisir, de voir tous ces
cas de figure et nous nous réjouissons de la perspective d’en
voir encore d’autres.
Il est difficile de décrire cette posture vis à vis du changement et quelques exemples seront peut-être plus parlants.
L’idée est de faire passer au client un message disant que nous comprenons bien qu’il souhaite parvenir à tel ou tel objectif, mais qu’il pourrait aussi décider qu’il en sera autrement pour lui, et, qu’en fait, il est bien le seul à pouvoir dire ce qui est bon pour lui.
Ce message s’exprime
dans notre langage non verbal lorsque nous nous abstenons d’approuver,
d’un hochement de tête, la formulation
par le client d’un objectif tout à fait évident aux yeux
des normes sociales. Ou, encore, quand nous marquons un léger étonnement
devant un tel but.
Sans doute peut-on aussi prendre en compte toutes ces micros mimiques qui
accusent réception de la souffrance. Elles peuvent être une
façon d’exprimer à un niveau émotionnel l’idée
que cette souffrance est normale, humaine : « Oui, il est
normal de souffrir d’avoir été quitté par celle
que l’on aime ; oui, il est normal de craindre d’être
contaminé par des microbes ; oui, il est normal de se sentir écrasé par
ses responsabilités. » Cette façon de légitimer
la souffrance va à l’inverse du mouvement habituel qui consiste à chercher à s’en
débarrasser.
Des recherches plus approfondies sur le langage non verbal révèleront
probablement bien d’autres façons de communiquer au client qu’il
peut choisir une autre voie que celle qui est dictée par le bon sens.
Le message s’exprime aussi dans l’implicite
de certaines questions,
On dira par exemple :
« Voulez-vous dire que vous pensez que, pour vous, il est préférable
de ne plus boire d’alcool du tout ? »
« Je comprends bien qu’il vous soit très pénible
de manquer de confiance en vous au point de ne pas oser parler en présence
de plusieurs personnes. Mais, lorsqu’on parle, on s’expose forcément à ce
que vous craignez à juste titre : apparaître ridicule,
peu intéressant, stupide et donc à se faire railler ou rabrouer.
Vous seul pouvez décider si le jeu en vaut la chandelle et dans quelles
situations vous êtes prêt à prendre ce risque. »
Cette
conception du changement dans le cadre de nos interventions a des implications étonnamment
riches.
Elle ouvre au client un vaste champ de voies possibles entre celle qui consiste à vivre
avec son problème et celle qui consiste à s’en débarrasser.
Elle lui dit qu’il est le seul à pouvoir décider de ce
qui sera bon pour lui.
Elle lui donne réellement une opportunité, rare dans une relation
d’aide, de décider de sa vie, de se responsabiliser.xxxxxxxxLa
posture que nous adoptons vis à vis du changement est
une authentique mise en pratique de la non-normativité, qui va au
delà de la
déclaration d’intention.
Parce qu’on peut facilement affirmer que notre approche n’est pas normative, mais, comme de fait, notre statut de professionnels du changement fait de nous des agents de la norme en vigueur, il nous faut aller plus loin que cette affirmation pour qu’elle devienne un acte.
Quelque
soit le champ dans lequel nous intervenons, les problèmes
qui nous sont posés portent en eux l’implicite qu’il faut
absolument en sortir. Et en sortir veut presque toujours dire rentrer dans
le rang, devenir capable de faire comme tout le monde : avoir confiance
en soi, manger et boire juste ce qu’il faut pour sa santé, conduire
sur l’autoroute, trouver du travail, avoir une vie sexuelle, ne pas
discuter la nuit avec les martiens…
Si, dans notre démarche, nous restons ligotés à l’objectif,
si nous vérifions, séance après séance, où en
est le client par rapport à ce but, alors, nous jouons le même
jeu que l’ensemble de la société et contribuons implicitement à le
contraindre à changer dans un sens.
Adhérer, en théorie, à cette définition du changement est une chose, se sentir à l’aise à l’idée qu’un client fasse le choix de ne pas changer, par exemple, en est une autre.
J’ai le souvenir d’avoir présenté lors
d’une
conférence devant des psychiatres et des psychologues, pourtant ericksoniens,
le changement obtenu par une patiente venue traiter sa peur de prendre le
métro. Elle avait été très satisfaite d’être
débarrassée de la part de la peur qu’elle trouvait irraisonnée
et elle avait décidé de continuer à ne pas utiliser
ce mode de transport.
Le tollé dans la salle fut général : comment pouvais-je
considérer cela comme une réussite ? Cette femme n’était
pas guérie, elle était simplement dans le déni de sa
peur…
Si nous ne sommes pas profondément prêts à accepter que le client décide, en toute conscience, de faire un choix qui va à l’encontre des normes, alors, nous sommes en train de vouloir quelque chose à sa place, comme c’est probablement le cas de son entourage, de toute la société.
Pour ce qui concerne la plupart des situations,
la question, sauf pour des intervenants basiquement normatifs, ne pose pas
tant de problèmes
que cela.
Encore que certains puissent être mal à l’aise à l’idée
qu’un client décide de renoncer à voyager en avion ou à accepter
une promotion professionnelle qui l’obligerait à prendre la
parole en public. Certains pourraient même être choqués
qu’un client se satisfasse de se laver les mains 43 fois par jour au
lieu de 75 ou de pleurer, tous les jours qui lui restent à vivre,
la perte d’un être cher…
Mais le sujet peut s’avérer
vraiment délicat,
et, parfois, le choix fait par le client peut nous heurter profondément.
Nous pouvons nous trouver confrontés aux limites de ce que l’on
peut faire pour quelqu’un.
Si nos prémisses nous font penser que toutes les visions du monde
sont acceptables, alors la notre l’est forcément aussi, et nous
avons le droit de ne pas aider quelqu’un dont la demande va à l’encontre
de nos valeurs. Ce serait même un devoir, parce qu’on ne peut
pas aider correctement quelqu’un qui nous fait horreur.
Une
autre difficulté pour adopter cette conception du
changement vient de la stratégie paradoxale.
Il n’est pas facile de se départir de l’idée que
l’intervention paradoxale, déjà assez périlleuse
en elle-même, a pour but de renverser la vapeur.
Pour la plupart des intervenants, le paradoxe est un outil délicat à manier.
L’idée que la prescription d’une demi-heure d’angoisse
aura pour résultat de faire disparaître cette angoisse est une
puissante incitation à surmonter ses craintes et à la prescrire.
Alors on imagine bien que cette autre conception du changement, dans laquelle
la prescription du symptôme n’est pas conçue comme un
moyen d’atteindre l’objectif fixé, mais simplement comme
une porte d’entrée vers d’innombrables autres voies possibles,
est un peu trop incertaine pour être motivante.
De plus, la
mise en pratique de cette posture vis-à-vis de l’objectif
se heurte à des problèmes techniques qui demandent une certaine
habileté à naviguer entre les niveaux logiques : il ne
faut pas s’accrocher à l’objectif tout en mettant en place
les étapes de notre stratégie, c’est-à-dire en
demandant justement au client de définir un objectif pour pouvoir
identifier dans quel sens vont ses tentatives de solution.
Enfin, cette posture vis-à-vis de l’objectif est d’autant
plus délicate à faire passer qu’il nous faut rester crédible
aux yeux de notre client et de son entourage pour ne pas passer pour un grand
délirant ou un dangereux agitateur social.
Mais, au fait, comment concevons-nous notre rôle dans le changement ?
La partie ne peut contrôler
le tout, nous apprend la systémique.
Nous nous trouvons ici à la limite d’un paradoxe assez déstabilisant :
quand on est imprégné de ce principe, on est profondément
convaincu qu’on ne peut jamais dire que c’est notre intervention,
aussi brillante soit-elle, qui a provoqué un changement.
Les systèmes humains sont trop complexes pour que l’on puisse réduire le changement à un seul facteur causal. Même si nous avons le sentiment que quelque chose d’important s’est passé dans une séance, même quand le client nous rapporte qu’après ce que nous lui avons dit ou après avoir effectué la tâche que nous lui avons proposée, tout a changé… nous ne saurons jamais quelle aura été pour lui l’influence du changement de lune, de l’odeur d’herbe coupée qu’il a humée ce matin-là, d’une variation hormonale ou du sourire de la marchande de journaux…
Alors pourquoi se soucier à ce
point d’être
cohérent
avec les prémisses, rigoureux dans la stratégie ? Pourquoi
donc se donner tant de mal ?
J’imagine que chacun a ses raisons.
Pour ma part, j’aurais tendance à penser que, puisqu’il
n’y a aucun moyen de savoir si ce qu’on fait est aidant ou pas,
alors justement, autant le faire le mieux possible.
Ainsi, à partir de l’idée que nous ne pouvons pas ne pas influencer le système mais que notre influence ne peut pas être considérée comme déterminante, quelle posture adoptons-nous donc ?
Un premier élément tient à la
notion de confiance, tarte à la crème de la relation
d’aide.
Nous ne cherchons pas à obtenir la confiance des clients, cela signifierait
implicitement que nous nous plaçons en position d’être
celui qui va les aider, que le mérite du changement devrait nous revenir.
Bien au contraire, nous incitons les clients à la défiance, à rester
vigilants sur la pertinence de ce que nous disons, sur ce que leur apportent
nos interventions. C’est encore, selon nous, une façon de les
responsabiliser, de les maintenir en éveil et actifs dans le processus.
Cette incitation à la défiance est, bien évidemment,
implicitement, une des façons de leur faire passer toute la confiance
que nous avons en eux, en leur capacité à évaluer la
qualité de ce que nous faisons, en leur capacité à trouver
une solution satisfaisante pour eux.
Parce que, toujours d’un point de vue systémique, nous savons
que les systèmes peuvent évoluer, même spontanément,
vers un nouvel équilibre plus adéquat.
Un
second point important concerne la question de l’influence, et
plus précisément de l’influence réciproque. Si
nous ne pouvons pas ne pas influencer, nous ne pouvons pas ne pas être
influencés. L’acceptation de ce fait peut devenir particulièrement
intéressante quand, au lieu de nous défendre contre cette influence
comme on nous l’enseigne partout, nous sommes attentifs à ce
que le client nous fait passer qui pourrait nous aider à l’aider.
Ainsi, par exemple, si nous savons écouter entre les lignes, entre
les silences, entre les soupirs, le client nous dit à quel moment
lui poser quelle question, de quelle façon la lui poser pour le faire
avancer, quel recadrage proposer, quelle tâche suggérer.
Le
troisième point est encore
plus complexe à appréhender. De
la même façon qu’Herrigel a pu apprendre que l’archer
peut atteindre sa cible quand il cesse de viser, nous augmentons les chances
de créer un contexte favorable au changement en ne voulant pas changer
notre client.
A vrai dire ce paradoxe, typiquement taoïste, est tout à fait
en cohérence avec la stratégie paradoxale de l’approche
de Palo Alto. Comment inciter un client à arrêter ses tentatives
de solution inefficaces quand nous sommes nous-mêmes tendus vers l’idée
de le changer ?
La difficulté réside dans la nécessité de bien
distinguer le niveau du contexte global de l’intervention : « oui,
je suis prêt à vous aider de mon mieux », du niveau de
l’intervention stratégique: « non, je ne veux rien
de particulier pour vous, il n’est pas nécessaire que vous changiez ».
Comme le rappelle Jean-François Billeter dans ses Etudes sur Tchouang
Tseu : « Seul le non-vouloir induit le non-vouloir. »
Et,
bien sûr, avec la notion de non vouloir,
vient celle de non-pouvoir.
Nous revenons là au domaine plus familier de la position basse dans
la relation.
Nous ne savons pas mieux que le client quel est son problème, ce qu’il
devrait atteindre comme objectif, quel est le moyen d’y parvenir.
Nous n’avons aucun diagnostic à poser, aucun conseil à donner.
Nous savons juste que le client a les capacités de changer en cessant
ses efforts, restés vains jusqu’à présent, pour
se débarrasser de son problème.
De ce fait, il n’est pas rare que le client ne nous attribue pas du
tout le mérite du changement et qu’il pense avoir tout fait
lui-même. Nous nous en réjouissons évidemment, d’une
part parce que nous savons que nous ne saurons jamais le rôle que nous
avons joué et, d’autre part, parce que nous savons qu’il
continue ainsi sa route plus confiant en ses propres capacités.
L’ensemble de ces éléments, et sans doute tous ceux que nous n’avons pas encore identifiés, aboutit à une posture de confiance tranquille dans laquelle, l’intervention, le geste peut être léger, presque imperceptible tant il est naturellement dans le mouvement.xxx<strong>Et alors, comment voyons-nous le client dans tout cela ?
Il s’agit là de la troisième dimension de ce qui détermine notre posture dans la relation.
Les prémisses constructivistes du modèle de Palo Alto nous conduisent à considérer que le client est un être unique, intéressant, respectable, compétent, responsable.
Là encore,
il y a loin de la coupe aux lèvres.
Il est assez facile d’affirmer ces principes, pour peu que l’on
ait pris quelques distances avec l’idéologie aliéniste
qui sévit toujours dans nos institutions.
Mais de là à en être convaincu au point de les vivre
vraiment, de les agir, de les faire passer à travers notre mode de
relation…
Si cette personne est là devant nous, n’est-ce pas justement
parce qu’elle n’est pas si compétente que cela ?
N’a-t-on pas déjà entendu ce type de problème
des centaines de fois ?
Je ne sais pas comment l’on procède,
au delà de
la profession de foi, pour parvenir à cette posture.
Une part, celle de la curiosité, par exemple, peut être exercée
en s’entraînant à un questionnement anthropologique.
Il est aussi précieux d’expérimenter à quel point
ce que nous pensons de l’autre, alors même qu’aucune parole
n’est prononcée, est toujours perçu avec une étonnante
justesse. Ce genre de constatation nous incite à regarder plus particulièrement
notre interlocuteur dans ce qu’il a de beau, d’admirable, et
il est merveilleux de voir à quel point ce type de regard permet à l’autre
de se révéler encore plus admirable en retour.
Mais la subtilité des implicites donne mille et unes occasions de
ramener le client, avec les meilleures intentions du monde, à un statut
de pauvre incompétent irresponsable, quand ce n’est pas à celui
de pleurnichard complaisant et ennuyeux.
Un élément
primordial de la posture nous semble être,
dans cette dimension, l’extrême attention que l’on porte
au client dans l’interaction. Cette écoute et cette observation
intenses créent une qualité de présence bien particulière
dans laquelle le client se sent unique, intéressant, légitime.
Notre curiosité, nos étonnements d’anthropologues, viennent
encore renforcer ces messages.
Par ailleurs, la précision
de notre questionnement et cette position basse qui montre que l’on
ne sait rien de ce qui le concerne mieux que lui, sont des façons
de communiquer implicitement au client :
vous êtes compétent et responsable.
Tandis que, plus nous savons, moins le client a la latitude de savoir.
Enfin, l’expression, verbale ou non verbale, de notre admiration pour
ses compétences, tout en veillant bien évidemment à ne
pas aller à contresens de notre stratégie paradoxale, crée,
par effet de feed-back, une réalité dans laquelle ses compétences
trouveront à se manifester.
Toutes les manifestations
de la posture que je viens d’évoquer, dans
leurs trois dimensions : la conception du changement, notre rôle
dans le changement et notre regard sur le client, ne sont crédibles
que si elles sont totalement en accord avec ce que nous pensons et ressentons.
Autrement dit, pour reprendre une notion chère à Carl Rogers,
s’il y a congruence entre nos paroles, nos actes et nos sentiments.
Nous savons que nous n’avons aucun moyen de contrôler une grande
partie de notre langage non verbal, qu’il s’agisse du diamètre
de nos pupilles, de la coloration de notre peau ou d’une multitude
de petits indices que l’autre perçoit de façon subliminale.
L’incongruence est toujours repérée, même sur un
mode non conscient, et il est probable que la dimension d’authenticité,
de sincérité, joue pour beaucoup dans la qualité de
la relation.
Comment décrire la différence entre une écoute
authentiquement intéressée et une écoute qui n’entend
que ce qui rentre dans des cases préétablies, pour typologiser
par exemple ?
C’est peut-être une différence du même registre
que celle qu’il y a entre une vraie question, c’est-à-dire
une question à laquelle on n’a pas encore de réponse
et une de ces questions qui ne vise qu’à vérifier une
hypothèse que l’on a déjà construite.
Mais
comment peut-on, ne manquerez-vous pas de m’objecter, affirmer
avec tant de force la nécessité d’une certaine posture
et se réclamer en même temps du constructivisme ? Pourquoi
les visions du monde des clients seraient-elles légitimes et pas celles
des intervenants qui n’adoptent pas cette posture ?
Nous sommes là dans l’un de ces fameux paradoxes de la réflexivité :
si affirmer qu’il n’y a pas de vérité est vrai,
c’est que c’est faux, et si c’est faux, c’est que
c’est vrai.
D’où l’intérêt d’être particulièrement attentif à distinguer les niveaux logiques….
Loin de nous l’idée d’ériger cette conception de la posture en vérité absolue et universelle. Mais pour faire quelque chose, même pour construire une théorie constructiviste, il faut y croire un minimum, en tous les cas y croire au moins pour nous. Et si nous voulons en parler pour communiquer notre point de vue à d’autres, nous devons bien distinguer le niveau du discours du niveau du discours sur le discours.
Parlons donc plutôt de vérité locale, comme disent les constructionistes, d’une construction de la réalité que nous sommes maintenant quelques uns à partager et avec laquelle nous nous sentons à l’aise.
Nous savons bien que cette posture ne convient pas à tout le monde, et si elle ne convient pas, mieux vaut ne pas chercher à l’adopter. On sait bien qu’on ne va pas loin avec des chaussures qui nous font mal aux pieds, qu’on ne fait pas du bon travail dans une position inconfortable.
Quand
on se sent en accord avec ce que l’on fait, quand on est confortablement
installé pour travailler, dans une posture qui nous convient, on est
plus à l’aise dans ses mouvements et on travaille mieux.
Et quand on travaille mieux on peut espérer mieux aider nos clients,
même si l’on sait que, tant d’un point de vue systémique
que d’un point constructiviste, affirmer que c’est notre intervention
qui les a aidés, relèverait d’une erreur épistémologique.
Il est maintenant temps de boucler la boucle de ce phénomène circulaire si difficile à décrire : je suis partie des prémisses, pour passer à leurs manifestations à travers la posture sous forme de messages adressés au client, pour arriver au contexte favorable au changement lequel, à son tour, va influer sur nos théories.
La terminologie utilisée dans
le modèle de Palo
Alto m’a
toujours posé problème. Il me semble qu’on ne peut pas
parler de thérapie dans une approche non pathologisante et qu’il
est inadéquat de la qualifier de brève, parce que, s’il
arrive qu’elle le soit, et même parfois qu’elle soit plus
que brève, quasi instantanée, il arrive aussi que la durée
joue un rôle important.
La notion de stratégie a pour moi des consonances désagréablement
martiales et les termes issus de l’univers commercial : client,
clientéliser, vendre, heurtent quelque peu ma déontologie.
Au fil de nos années de pratique, les clients se sont chargés de nous apprendre à quel point ce qui se passait dans le contexte de nos interactions se trouvait en décalage avec cette terminologie.
Il nous est maintenant difficile de parler de clientélisation dont l’implicite est que nous voulons mobiliser le client pour qu’il se mette en route vers son objectif. Ce que nous faisons est plutôt de l’amener à se positionner, avec toute la latitude que j’ai évoqué à propos de la notion de changement, se positionner pour atteindre son objectif ou bien vivre avec son problème, etc.
Il ne nous est plus possible de considérer maintenant que les métaphores ont pour but d’influencer indirectement le client en vue d’un changement et encore moins de « marquer son esprit au fer rouge » comme le dit un célèbre thérapeute adepte des formules caressantes.
La
notion de prescription, reprise du langage médical, parce qu’elle
nous place en position haute, ne correspond plus du tout à ce que
nous faisons, qu’il s’agisse de tâche ou de médicament.
La posture que nous avons adoptée nous amène plutôt à proposer.
Nous proposons au client de se positionner par rapport à son problème,
nous lui proposons de nouvelles façons de voir les choses, nous lui
proposons de réfléchir à certains sujets, d’observer
certaines situations, de faire certaines expériences.
Et c'est notre posture qui garantit que ces propositions sont bien des propositions
que le client se sent libre d’accepter, de modifier ou de refuser et
non pas des injonctions ou d'habiles suggestions subliminales. Et bien entendu,
quand le client ne suit pas nos propositions, nous savons qu'il a d'excellentes
raisons pour cela et nous savons que, contrairement à ce que pensent
certains, cela ne compromet en rien le succès de notre travail, puisque,
pour nous, le succès est ce qui convient au client et rien d'autre,
y compris s’il s'agit pour lui de repartir avec son problème.
Alors,
peut-on encore parler de modèle de Palo Alto ?
La question reste ouverte, comme elle l’est pour tous ceux qui, depuis
tant d’années apportent leur pierre à l’édifice.
C’est
encore Gregory Bateson qui nous donnera le mot de la fin :
« Laissez-moi, pour conclure, mettre en garde les spécialistes
des sciences sociales que nous sommes. Nous devons réfréner
notre désir de contrôler ce monde que nous comprenons si mal.
Ne laissons pas le sentiment de l'imperfection de notre savoir alimenter
notre angoisse et, par conséquent, notre besoin de contrôle.
Que nos recherches soient plutôt inspirées par un motif ancien
et, hélas, aujourd'hui délaissé: la simple curiosité envers
ce monde dont nous faisons partie. La récompense d'une telle attitude
n'est pas le pouvoir, mais la beauté. »
© I. Bouaziz/Paradoxes
Quatrième Journée d’Etude,
octobre 2005
- Allocution d'ouverture, docteur
Chantal Gaudin
- Le Vercors 2015 : quand Palo Alto s'intéresse
au plateau, ou l'utilisation du modèle dans l'élaboration
d'un projet de développement territorial, Sabine Guitel, Valérie
Charollais
- Thérapie brève et hôpital
: chronique d'une rencontre incertaine?, docteur Michel Pradère
- Un autre regard : le modèle de
Palo Alto dans l'accompagnement éducatif et social individualisé pour
des jeunes de 16 à 21 ans en appartement, Claudine Picard
- Le langage du changement, passer du constat
au mouvement : la mise en pratique du modèle de Palo Alto dans
une action de transformation des processus/fonctionnements internes et externes
au sein d'une équipe de consultants et de leurs assistantes, Catherine
M. Foix