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Résumés des communications à la XVIème journée de Rencontre de Paradoxes, le 7 octobre à Paris

Actualités, Rencontres de PARADOXES

L’approche de Palo Alto au service de la santé au travail : mobiliser un système contre le burn out
Amel Hadjaj Bernaudin, médecin du travail

La survenue d’un burn out dans une carrière professionnelle soulève de nombreuses questions : s’agit-il d’un vrai burn out ? L’entreprise va-t-elle être mise en cause ? Comment faire avec une personne fragile ?
L’entreprise attend du médecin du travail qu’il s’assure de l’authenticité de la souffrance et qu’il externalise le problème vers un spécialiste.
Le salarié en souffrance, lui, attend que son état soit consigné dans le dossier médical.
Avec la vision systémique et constructiviste de l’approche de Palo Alto, le médecin du travail prend en compte le système dans son ensemble. Sa position lui permet d’intervenir auprès des différents acteurs. Il s’appuie sur la vision du monde de la personne en souffrance comme sur celle du manager pour mobiliser le système en les réunissant dans une « tripartite » pour relancer le dialogue autour du travail et de la performance et agir ainsi sur le burn out.

Voyage(s) au(x) pays de l’absentéisme, les apports de l’intervention systémique paradoxale
Lise Cortes, consultante, coach

Parler de l’absentéisme en entreprise revient généralement à partager des chiffres, opposer des visions du monde tranchées, parfois évoquer une épidémie, ou affirmer que telle ou telle action règlerait le problème, sans toujours obtenir toutefois des évolutions tangibles ou durables…
Face à un mot finalement si peu défini, je vous propose de chausser les lunettes de l’intervention systémique paradoxale pour explorer différentes vignettes de cette « réalité » au sein d’un gros système et, peut-être, tenter d’autres modes d’intervention. »

Palabres africaines et pensée systémique : liens et différences
Annie Innocenti, consultante en stratégie d’influence

Palabres africaines millénaires sous l’arbre du baobab à la sortie du village ou approche de Palo Alto venue du nouveau monde, ces deux méthodes ont l’ambition commune d’aider à la résolution de problèmes humains dans leur contexte en utilisant fondamentalement la parole et l’écoute.
Qui écoute et qui parle ?
Quels sont les objectifs et les stratégies de questionnement ?
Le regard étonné de l’anthropologue sera notre guide.

« Quelques principes fondamentaux du coaching « classique » revisités par l’approche paradoxale »
Gildas  Branellec, coach interne dans la fonction publique d’ État

« Un coach compétent doit croiser plusieurs approches théoriques », « confronter le coaché est une compétence précieuse », « faire alliance avec le coaché est nécessaire », « un travail thérapeutique est un préalable à l’exercice du coaching » etc. Ces propositions, que je vais jusqu’à qualifier de « principes fondamentaux », constituent quelques unes  des briques du socle théorique et pratique du métier.  Elles sous-tendent les enseignements au sein des écoles de coaching, irriguent les chartes de déontologie et les référentiels de compétences.
Cette intervention se propose de regarder (visiter) d’un point de vue palo-altien quelques uns de ces principes, examiner de possibles transpositions, dialogues et enrichissements mutuels mais aussi, peut-être, constater certaines  incompatibilités  insurmontables.

Comment l’approche paradoxale m’a réconciliée avec moi-même
Brigitte Quinton, CFACM : coach, facilitatrice, auteur, comédienne et metteur en scène…vous voyez le problème ?

Coach, chercheur, pédagogue mais aussi auteur, comédienne, metteur en scène et clown, dans une culture française où le titre fait l’être, j’ai avancé masquée pendant quinze ans, presque honteuse de cette déviance à la norme, donnant à voir à mes interlocuteurs uniquement la facette qu’ils attendaient : celle qui serait admise dans leur contexte. J’ai eu envie de vous conter comment l’approche systémique paradoxale m’a enfin autorisée à me réunifier. Unité de temps, de lieu et d’action… qu’est-ce ce qu’est un problème au sens Palo Altien, sinon une scène extraite du film de nos vies ? Celui dont nous sommes les acteurs, perpétuels improvisateurs, mais dont nous aimerions tant pouvoir être auteurs, réalisateurs et metteur en scène… « Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs » disait le grand William Shakespeare. Et si ce n’était que sa vision du monde ?

Vivent les stéréotypies! Une approche palo altienne de l’autisme
Héloïse Bertrand, psychopraticienne

Qu’en serait-il si on se proposait d’appliquer à la population si particulière des personnes avec autisme les prémisses du modèle de Palo Alto ? Quelles seraient  les implications pratiques d’un double regard constructiviste et systémique sur leur prise en charge?  Ainsi, entre autres, les « rejoindre dans leur vision du monde » n’amènerait-il pas à accepter, voire à partager, leurs stéréotypies, ces mouvements et activités répétitifs qui les absorbent parfois complètement ?
Projet acrobatique, voire périlleux, si l’on se soucie ce faisant  de « tenir compte du contexte », du poids de la Norme, du discours des autres professionnels et de la vision du monde des parents…

Coaching ou thérapie ? Une question de vision du monde…
Pierre-Jacques Barthe, consultant et coach

Les formations au coaching, comme de nombreux articles sur le sujet, insistent sur la nécessité de distinguer coaching et thérapie. Des avertissements répétés nous alertent sur les contre-indications à un coaching, sur la frontière à ne pas franchir avec la thérapie.
Avec toutes ces mises en garde, il y a de quoi s’interroger et hésiter devant certains cas : Est-ce du coaching ou de la thérapie ? Si certains définissent le coaching comme « la thérapie du bien portant » et que la thérapie est « une manière de traiter une maladie » que deviennent ces définitions dans le modèle non normatif et non pathologisant de l’Ecole de Palo Alto ?

Il ne fait pas bon souffrir au travail dans notre pays, moi j’vous l’dis !
Michèle Bedouet, DRH

Je suis DRH dans des PME (petites et Moyennes Entreprises) ou des ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire). Avant même d’exercer ce métier, par choix, j’avais remarqué qu’on pouvait souffrir au travail… voire plus !
Aujourd’hui, pour moi, ça ne fait aucun doute… Même quand on désire accompagner les salariés – à venir, en poste ou en rupture – vers le meilleur, on fait vite face à des vents contraires.
Et quand on est soi-même en butte à de la maltraitance au travail et qu’on demande de l’aide, on peut découvrir comment certains psy, spécialistes de la souffrance au travail, s’y prennent, avec les meilleures intention du monde, pour ajouter une maltraitance supplémentaire.
Hélas, je sais de quoi je parle : il ne fait pas bon souffrir au travail dans notre pays !

L’implicite ou les fleurs du silence
Georges Elkan, pédopsychiatre

Qu’est-ce qui est transmis quand on communique ? Ce qu’on choisit de transmettre et bien d’autres choses dont on maîtrise plus ou moins la forme et la teneur. L’implicite fait partie de ces informations volontairement, ou pas trop, adressées. Comment cela peut-il parasiter ou au contraire favoriser les interventions dans notre cadre systémique ? Faut-il chercher à mieux contrôler notre communication ? Dans quelle mesure les conséquences, en terme de changement, des messages  qui passent malgré nous  sont-elles  liées à notre position dans le cadre thérapeutique ?

Peut-on ou doit-on toujours paradoxer ?
Irène Bouaziz, Chantal Gaudin, psychiatres

En considérant le paradoxe comme une stratégie à déployer du début à la fin d’une intervention et non comme un outil à utiliser ponctuellement, se pose la question de son applicabilité à toutes les situations rencontrées.
N’y aurait-il pas des cas où il est impossible de paradoxer ? N’y en a-t-il pas d’autres où le paradoxe est inefficace ? Au fil des années, nous avons vu bien des praticiens se décourager, renoncer à l’approche de Palo Alto ou la transformer par quelques petits arrangements.
Cet exposé montrera comment, en décodant soigneusement les injonctions dans les messages échangés, il est toujours possible d’aller dans un contre-sens à la fois respectueux et efficace.

Pour tout renseignement ou pour demander votre inscription : contactAROBASEparadoxes.asso.fr
ou par le formulaire du site :   http://www.paradoxes.asso.fr/agenda/detailsagenda/   en précisant le nom de l’événement

François Roustang nous a quittés le 23 novembre 2016.

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Ce thérapeute au parcours étonnant, philosophe, ex-Jésuite, ex-psychanalyste et enfin hypnothérapeute, était un fin connaisseur du travail de Gregory Bateson et un adepte du paradoxe.
Depuis la publication de son « Influence », virulente critique de la psychanalyse dans lequel il présente les apports de Milton Erickson et de Gregory Bateson, son influence accompagne notre travail.

De séminaires en supervisions nous avons eu maintes fois l’occasion de nous frotter à son esprit aiguisé, à ses provocations, à sa culture encyclopédique et surtout à son immense humanité.

En 2006, il avait participé au colloque organisé par l’Institut Gregory Bateson pour le cinquantenaire de la parution de l’article fondateur sur la théorie de la double contrainte.

Nous gardons précieusement en mémoire les deux premières règles de son « Petit guide du changement » :

« RÈGLE I : Le changement de la relation à soi, aux autres et à l’environnement est en proportion inverse de la volonté de changement.  (…)

RÈGLE II : Pour modifier la relation à soi, aux autres et à l’environnement, il faut s’en retirer. La force de la modification sera proportionnelle à l’ampleur et à l’intensité du retrait. »

©I.Bouaziz C.Gaudin/ Paradoxes

F.Roustang, 2010

François Roustang

Actualités, Divers

Samedi 19 novembre nous participions à la journée organisée par l’AFEHM sur le travail de François Roustang.
C’est avec une grande tristesse que nous venons d’apprendre sa mort dans la nuit du 22 au 23 novembre 2016.
Nous étions en train d’écrire un compte rendu de ce colloque et nos réflexions sur l’influence que François a eu sur l’évolution de notre pratique.
Il sera prochainement en ligne sur le site de Paradoxes

« Ne pas vouloir pour l’autre ». Voir le monde avec de nouvelles lunettes…

Actualités, Rencontres de PARADOXES

Communication à la XVème journée de Rencontre de Paradoxes, le 15 octobre 2016
Alexandre JACQUES, consultant indépendant en ressources humaines

C’est à la fois un précepte et une technique que j’ai peu à peu déclinés à différents niveaux, au fur et à mesure de ma réflexion et des occasions de pratique. C’est un fondement du modèle sans doute difficile à appliquer, mais l’humilité qu’il implique et la confiance qu’il impose est d’une grande puissance : c’est comprendre que je ne sais pas mieux que l’autre ce qui est bien pour lui, même si j’ai les meilleures intentions du monde.
Avec le temps, cela devient un fil conducteur, une valeur et une posture.

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« On ne peut pas ne pas communiquer », mais qu’arrive-t-il quand celui qui envoie le message fait comme s’il ne l’envoyait pas ?

Actualités, Rencontres de PARADOXES

Communication à la XVème journée de Rencontre de Paradoxes, le 15 octobre 2016
Georges ELKAN, pédopsychiatre

Il s’agit ici de parents qui parlent devant leur enfant d’un problème que celui-ci est censé ne pas connaître. Ça peut concerner une inquiétude ou une plainte adressée aux parents par une institution ou un professionnel qui intervient auprès de l’enfant. Parfois encore, il est question de conflits entre les membres de la famille à propos de l’enfant. Quelle est alors la situation du thérapeute quand ça se passe devant lui ? Lire la suite »

De l’autre côté du miroir : quand une thérapeute devient cliente

Actualités, communications courtes

Communication à la XVème journée de Rencontre de Paradoxes, le 15 octobre 2016
Audrey BEAUMONT, psychologue

Thérapeute en formation à l’approche paradoxale j’ai bénéficié de la méthode pour un problème personnel. J’espérais bien entendu le résoudre, mais également appréhender « de l’intérieur » la méthode. Je vous propose de plonger avec moi au cœur de cette expérience : Est-ce que « ça marche » lorsque l’on connait les techniques ? Suis-je parvenue à tout décoder telle une bonne élève ? Qu’est ce qui m’a aidée ? Et 8 mois après, où en suis-je ? Qu’ai-je découvert de nouveau en visionnant la vidéo de l’intervention ?

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Enseigner Palo Alto en management interculturel : un retour aux sources.

Actualités, Rencontres de PARADOXES, communications courtes

Jean MASSELIN, psychologue du travail, formateur
Communication à la XVème journée de Rencontre de Paradoxes, le 15 octobre 2016

Le paysage de la formation interculturelle en entreprise est dominé par les approches typologiques, qui ont en commun de chercher à cartographier les cultures selon différentes dimensions.
A minima, ces formations ont le mérite de sensibiliser à l’existence de différentes manières de voir le monde…
Pourtant, elles fournissent relativement peu de clés pratiques aux managers sur la manière d’aborder ces situations complexes. Pire, dans certains cas, elles contribuent à figer des différences dans l’esprit de leurs utilisateurs, ce qui peut s’avérer tout à fait contre-productif au regard de l’objectif initial : permettre à des personnes de cultures différentes de travailler ensemble.
C’est ici que l’approche de Palo Alto, dont les origines sont justement en partie issues des travaux anthropologiques de Grégory Bateson, présente une alternative non seulement intellectuellement plus complète mais aussi plus respectueuse que les « outils » couramment commercialisés.
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Intervention systémique paradoxale et intervention sociale : Lorsque deux interventions se croisent…que se racontent-elles ?

Actualités, Rencontres de PARADOXES

Communication à la XVème journée de Rencontre de Paradoxes, le 15 octobre 2016
François SIMONOT, thérapeute, formateur

L’intervention sociale, dans sa fonction d’accompagnement de personnes en difficulté, est confrontée à des situations de plus en plus complexes.  Elle recherche donc constamment des « formules », des moyens, des outils pour une meilleure mise en œuvre de ses missions. Et parfois, elle s’approche de l’intervention systémique paradoxale… Partant de mon expérience de terrain comme éducateur et chef de service en institution, mais aussi comme formateur auprès d’acteurs sociaux, je vous propose de mettre en perspective les convergences entre le modèle de l’intervention systémique paradoxale et l’intervention dans le champ social, à partir de questions simples : pourquoi la commande sociale s’intéresse-t-elle à l’intervention systémique paradoxale ? Comment les acteurs sociaux s’approprient-ils le modèle ? Quelles difficultés spécifiques rencontrent-ils dans l’apprentissage, dans la mise en œuvre…

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Une révolution tranquille: 10 ans de pratique avec l’approche de Palo Alto, que fait-on de vraiment différent ?

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Communication à la XVème journée de Rencontre de Paradoxes, le 15 octobre 2016
Catherine CHAMBON, consultante et coach. Sabine GUITEL, urbaniste.

Dans nos métiers, d’urbaniste et de consultante coach, la commande est le plus souvent exprimée sous une forme proche de «livrez nous votre avis d’expert en urbanisme ou en fonctionnement d’équipe». Nous nous sommes interrogées sur ce que nous faisions de particulier dans nos interventions en adoptant l’approche de Palo Alto, et sur ce que cela produisait de différent.
Comme intervenantes Palo Altistes, nous n’avons pas d’idée fixée à priori sur le résultat qui sera obtenu, et pas non plus sur les sujets sur lesquels nous apporterons finalement de l’expertise.  Nous  cherchons à intervenir de manière minimaliste pour «débloquer» les choses, remettre le système et ses acteurs en capacité d’avancer vers leur objectif.
Nous nous proposons, sur la base de quelques cas pratiques, d’aller un peu plus loin et d’expliciter comment nous traduisons cette posture dans nos modalités d’intervention et ce que cela produit de spécifique chez nos clients.

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